JEMA 2026

JEMA 2026

À l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA), placées cette année sous le thème « Coeurs à l’ouvrage », le CRAFT – Centre de recherche sur les arts du feu et de la terre de Limoges – propose six jours de rencontres, de visites et d’ateliers.

Venez découvrir les savoir-faire céramiques au cœur de la capitale mondiale de la porcelaine. Du mardi 7 au dimanche 12 avril 2026, le CRAFT ouvre ses ateliers et dévoile ses secrets de fabrication : rencontre avec les artistes en résidence, découverte de la collection permanente et expériences sensorielles inédites. L’ensemble de la programmation est accessible gratuitement, à l’exception des ateliers duo (16 €) et de la visite insolite nocturne (8 €).
Cette année, c’est l’artiste Ingrid Montier que l’équipe mettra à l’honneur. En résidence “Coup de Pouce” en partenariat avec l’ENSAD Limoges, Ingrid est accueillie 10 semaines à l’atelier et produit actuellement une installation en porcelaine. Vous pourrez découvrir ses inspirations, recherches et réalisations tout juste sorties du four!
Depuis 30 ans le CRAFT s’emploie à préserver et développer, la place d’honneur de la céramique de Limoges. De nombreux créateurs, designers de projets innovants dans le cadre de résidences d’artistes, mobilisent l’expertise du plateau technique du CRAFT pour fabriquer des œuvres d’art unique ou en petite série combinant la maitrise de divers savoir-faire.

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Lauréate – Résidence Recherche & Création 2026

Lauréate – Résidence Recherche & Création 2026

À l’unanimité, le jury a désigné Ranti Bam comme lauréate de cet appel à projet. Nous aurons l’honneur de l’accueillir à l’atelier courant 2026.

Ranti Bam est une artiste britannico-nigériane née en 1982 à Lagos, reconnue internationalement pour ses sculptures céramiques qui explorent la vulnérabilité, l’intimité et le soin. Élevée entre Lagos et Londres, elle a développé une pratique artistique puisant dans son double héritage culturel, particulièrement la tradition yoruba et la philosophie orientale. Formée à The Cass Faculty of Art et au City Lit de Londres, son travail se déploie autour de deux corpus principaux : les Abstract Vessels, vases vibrants aux surfaces craquelées inspirées des textiles nigérians et de la Renaissance, et les Ifas, sculptures monumentales en terre cuite dont le titre fait référence aux mots yoruba « ifá » (divination) et « I-fàá » (se rapprocher). Par un processus créatif intime, Bam embrasse physiquement l’argile durant sa création, laissant des plis évoquant la peau humaine et transformant chaque pièce en avatar du corps et portail spirituel. Ses Ifas reposent sur des tabourets traditionnels « akpoti », symboles du rassemblement communautaire yoruba. En cuisant l’argile au-delà de sa température prescrite, elle provoque volontairement des fissures qui célèbrent la fragilité comme force. Exposée au Brooklyn Museum, au Victoria & Albert Museum et au High Museum d’Atlanta, elle a été commissionnée pour la Liverpool Biennial 2023 et participera au Climate Clock pour Oulu 2026. À travers l’argile, matériau vivant reliant tous les êtres à la terre, Ranti Bam invite à repenser notre rapport à la nature, au corps et aux récits collectifs.

We would like to extend our warmest thanks to all the artists who participated in the call for projects for the 2026 research and creation residency at CRAFT. We would also like to thank the members of the jury — Alexandra McIntosh, director of CIAP-île de Vassivière, Elsa Bachelard, heritage curator at the Musée National Adrien Dubouché, Françoise Seince, director of ENSAD Limoges, and Pauline Male, director of CRAFT — who carefully reviewed the 224 applications received from 44 countries. The jury unanimously selected Ranti Bam as the winner of this call for projects. We will have the honor of welcoming her to the workshop in 2026 for this residency.

Visitez son site: rantibam.com

 

Ranti Bam is a British-Nigerian artist born in 1982 in Lagos, internationally recognized for her ceramic sculptures that explore vulnerability, intimacy, and care. Raised between Lagos and London, she has developed an artistic practice that draws on her dual cultural heritage, particularly Yoruba tradition and Eastern philosophy. Trained at The Cass Faculty of Art and City Lit in London, her work revolves around two main bodies: Abstract Vessels, vibrant vases with cracked surfaces inspired by Nigerian textiles and the Renaissance, and Ifas, monumental terracotta sculptures whose title refers to the Yoruba words “ifá” (divination) and “I-fàá” (to come closer). Through an intimate creative process, Bam physically embraces the clay during its creation, leaving folds reminiscent of human skin and transforming each piece into an avatar of the body and a spiritual portal. Her Ifas rest on traditional “akpoti” stools, symbols of Yoruba community gatherings. By firing clay beyond its prescribed temperature, she deliberately causes cracks that celebrate fragility as strength. Exhibited at the Brooklyn Museum, the Victoria & Albert Museum, and the High Museum in Atlanta, she has been commissioned for the Liverpool Biennial 2023 and will participate in the Climate Clock for Oulu 2026. Through clay, a living material that connects all beings to the earth, Ranti Bam invites us to rethink our relationship with nature, the body, and collective narratives.

 

©photos Laura Stevens 2023

Estelle Majani 24 octobre au 21 novembre 2025

Estelle Majani 24 octobre au 21 novembre 2025

Estelle Majani est lauréat de cette 3ème édition de la résidence
“Coup de Pouce” initiée par l’ENSAD Limoges. Diplômé de l’école en 2024 (DNSEP), Estelle Majani a été accueillie à l’atelier pour explorer le matériau céramique et poursuivre ses recherches autour de la cotte de maille.
CRAFT Limoges vous convie à découvrir son travail autour d’une exposition du 24 octobre au 21 novembre 2025. 

Artiste pluridisciplinaire, Estelle Majani explore aussi bien la sculpture et l’installation que l’image imprimée ou encore le texte poétique. Son travail donne à voir les zones de seuils et angles morts de nos espaces contemporains. Influencé·e par la pensée de Mark Fisher, ses inspirations vont des minimalistes tels que Fred Sandback aux oeuvres de Roy Köhnke ou celles d’Agata Ingarden. Fasciné·e par les formes parfaites que peuvent produire nos industries, Estelle Majani réemploie dans son travail des matériaux tels que le métal, le carrelage, le verre, le PVC ou encore les plaques de plâtre. Ses oeuvres renvoient à des lieux troubles, non situés mais qui peuvent rappeler des espaces contrôlés, chargés d’une violence latente, comme les abattoirs, les usines, ou encore le milieu médical. La cotte de maille, tissu défensif protégeant les corps des coupures, est au coeur de ses recherches. Dans le cadre de sa résidence au CRAFT, Estelle Majani décide d’expérimenter cette technique au travers d’un autre médium que le métal : la céramique.
Inspiré·e par la figure du fantôme, l’artiste est venue réaliser un drap en maillon de porcelaine. Matière souple comme du textile, la cotte de maille a ensuite été déposée tel un linceul sur un corps absent, gisant sur une table d’autopsie.

Estelle Majani

Estelle Majani

Né·e en 1999, Estelle Majani obtient une licence d’art plastique à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne puis intègre l’ENSAD Limoges où iel décroche son DNA et son DNSEP avec les félicitations du jury. Diplômé·e en 2024, iel expose son travail à la Biennale de Mulhouse ainsi que dans différents lieux de la région comme à Treignac Projet ou à l’artist-run space Lavitrine LAC&S. Membre de ce dernier, iel vit et travaille à Limoges.

@estelle.majani
estelle.majani@gmail.com

 

 

Dora Stanczel – Survivance

Dora Stanczel – Survivance

Travaillant le drapé en porcelaine depuis de nombreuses années, l’équipe du CRAFT a invité Dora Stanczel en résidence pour développer un projet de drapé monumental. Lors de cette résidence Recherche & Création débutée en janvier 2024, Dora Stanczel a pu expérimenter la porcelaine et ses limites.

Grâce à cette opportunité, elle a exploré de nouvelles techniques de modelage et de cuisson, cherchant à repousser les frontières traditionnelles de cet art délicat. Son projet de drapé monumental a pris forme lentement, chaque pli et chaque ondulation étant soigneusement façonnés pour capturer la fluidité et la grâce des mouvements marins qui l’inspirent tant.

Pendant cette période, elle a travaillé en étroite collaboration avec les experts en céramique du CRAFT. Les défis techniques n’ont fait qu’accroître sa détermination et sa créativité, chaque difficulté rencontrée devenant une occasion de découverte et d’apprentissage.

L’œuvre finale, une symphonie de mouvement figé dans la porcelaine, est devenue un hommage non seulement à l’océan, mais aussi à la résilience et à la persévérance de l’esprit humain.

Une sortie de résidence est prévue au CRAFT le 18 septembre 2025 à 18h

Ouverture au public du 18 septembre au 17 octobre 2025

“Le drapé se révèle être un jeu de plis et de vagues, animé par des mouvements invisibles, cherchant un équilibre délicat entre la fragilité et la force. Chaque pli est une mémoire, un témoignage de ce qui a été et de ce qui perdure. Ce tissu, à la fois lourd et léger traverse les siècles en se détachant du corps, trouvant ainsi une autonomie silencieuse. Hérité et transmis depuis l’Antiquité, le drapé devient un réceptacle d’émotions cachées. En couvrant le corps il portait les empreintes de douleurs et de souffrances, conservant l’insaisissable de l’image pour doucement s’émanciper vers sa liberté. Ce détachement lui a permis de devenir une continuité esthétique par excellence, une expression intemporelle à travers les âges et les styles. Ici cette survivance du drapé est figée dans la porcelaine par le feu, pour continuer à vivre dans notre conscience collective.”

Dora Stanczel

Dora Stanczel, artiste française, a ouvert son atelier de céramique à La Rochelle en 2015 après un master en arts et plusieurs stages auprès de céramistes renommés. Elle a développé un style esthétique unique grâce à des expérimentations avec la porcelaine, créant des pièces raffinées inspirées par l’océan. Ses œuvres reflètent les courbes des vagues et illustrent une compréhension de la nature, renforcée par ses navigations hebdomadaires. Pour Dora, travailler la porcelaine est un acte d’acceptation des imprévus, semblable à la maîtrise de la navigation.

dorastanczel.com

@dorastanczel